Femina des années 80


Les temps sont durs pour les journalistes et les photographes alors qu’ils représentent ce qui nous relie tous: l’information. Occasion de revenir sur une période où il était encore possible d’avoir les coudées franches.

Epoque mi-80 début 90, la rédaction de Femina était dirigée par Marie-Pierre Dupont, plus proche de Dipa Ma que de la «Dame de fer». Sans mettre la pression, la rédactrice en chef accordait un champ d’action large à ses journalistes. Les briefings du mercredi matin permettaient un brassage riche au nom de l’actualité.

Car une équipe qui gagne est avant tout une équipe qui ne se tire pas dans les pattes afin de pouvoir gambader vers les sujets qui font l’actualité. C’est aussi le rôle important de la secrétaire de rédaction, le liant qui permet au grand tout de tenir en place. Magdalena Schneider a toujours gardé le sourire, un moteur écologique puissant. Abattre une tonne de travail sans jamais oublier d’aller chercher des viennoiseries, ne pas «serrer» en voyant la pile d’enveloppes grandir au fil de la journée, car à l’époque il y avait des enveloppes, tel a été le quotidien d’une multiinstrumentiste virtuose.

Un apprentissage comme beaucoup en rêveraient, avec ce fameux RP au bout de la course, ce Graal enfin obtenu en 1986, sans oublier les cours de Monsieur Chuard au Casino de Montbenon et le bistro de Richard Dürr, juste en-dessous, une sorte de résidence secondaire….

Contributions multiples

De nombreuses doubles voire triples pages, sujets de société ou de psycho, de l’art et des expos, des dizaines d’interviews d’artistes passionnant-e-s, Warja Lavater et Suzanne Auber, ou parfois impressionnant-e-s, Françoise Lefèvre et Richard Bohringer. Et aussi les mini-interviews pour des sujets précis avec des personnalités romandes, Georges-André Chevallaz ou Freddy Buache pour «Moi vouloir être lui ou le héros des années quatre-vingts», Jean Otth et Jacques Chessex pour «Séduction, le bas blesse». Des critiques de livres dont certains écrivains m’ont répondu (ci-dessous Jean-Claude Carrière et Jean Echenoz) ou carrément les débuts de futures stars comme Laurent Philippon, alors jeune coiffeur apprenti de dix-neuf ans chez Christian Descot à Monthey, qui réalise maintenant les couvertures de VOGUE ou les pages mode dans ELLE, pendulant entre Paris et New-York, et que nous avions rencontré avec Cathy Karatchian.

A cette époque, les photographes avaient du boulot, il y avait encore assez de moyens pour travailler avec des artistes indépendants, Jean-Pascal Imsand malheureusement disparu, Magali Koenig, Cathy Karatchian, une période joyeuse, créative, inoubliable...

Il s’est passé tant de choses dans ce giron-chaudron qui sentait le café, le pain au sucre, la clope et le parfum Guerlain. Bien plus que de la nostalgie, de la reconnaissance.

L’équipe d’alors: Marie-Pierre Dupont, Monique Balmer, Valérie Bory, Françoise Ducret, Cécile Lecoultre, Paule Potterat, Magdalena Schneider, Pascale Sahy, Michel Schmalz, Monique Stidel, Danièle Weibel, Anne Zirilli.

Rock stylisme

Trois questions à Désirée

Pourquoi as-tu intitulé une de tes collections pour enfants «Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000»?

Entre mes 15 et 17 ans, j'habitais à Bordeaux. Je suis devenue cinéphile en découvrant que je pouvais entrer dans les salles par la sortie. C'est là que j'ai vu «Charles mort ou vif» et «la Salamandre». Deux grandes claques, je suis devenue fan de Tanner. Quand j'ai quitté Bordeaux, «Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000» était à l'affiche. L'an 2000 me semblait alors tellement loin! Ma fille aînée est née en 1983, alors, j'ai fait toute une collection de tee-shirts où chaque année je reculais d'un an.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les vêtements que tu as confectionnés pour certains groupes de rock?

Les seuls musiciens étrangers que j'ai habillés sont les Sparks pour une couverture de magazine. Sinon, dans les Français vraiment rock que j'aimais, il y avait Mona Soyoc de Kas Product et les Béruriers noirs.

Et Droit de réponse? Cette émission a l’air de t’avoir marquée.

Pour faire cet album, avec Alain, nous avons passé des heures à l'inathèque pour revoir toutes les émissions de l'époque. La télé a joué un rôle très important dans les années 80, tout en nous donnant l'impression de nous offrir une énorme liberté qu'elle était en train de brider totalement. Michel Polac c'était différent. J'attendais vraiment son émission, comme j'attendais la piste aux étoiles quand j'étais enfant, je crois n’en avoir raté aucune, pourtant, quelle cacophonie! Ma préférée restera celle avec Siné se détachant du bar où il était accouder pour hurler: «Vous êtes une merde!» au journaliste de Minute.

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